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mardi 2 avril 2013

Latences #5



«Ça, c’est la caisse. Le mouton que tu veux est dedans.
C’est tout à fait comme ça que je le voulais !»
St Exupéry / Le Petit Prince / Gallimard 1943

Cet appareil Six-20 ‘Brownie’ D, de marque Kodak, a été trouvé sur un marché aux puces à Villers-La-Ville (Belgique) le 6 mai 2006; il contenait un film Ilford FP3 (format 620) exposé; celui-ci a été développé et scanné. Les photos qu’il contenait datent très probablement du tout début des années 60 ou de la fin des années 50, à peu près 50 ans avant cette découverte.

L’appareil s’est montré par la suite tout à fait fonctionnel. Des photos couleurs ont été faites avec celui-ci en juillet 2006.

Le 22 novembre 2012, un film Kodak Tmax 400 (format 120) a été bobiné sur un axe 620 et l’appareil chargé avec celui-ci. Le film a été complètement exposé entre le 24 novembre 2012 et le 1er avril 2012. Il a ensuite été bobiné complètement, pour réduire les futurs dommages causés par l’air et la lumière. L’appareil a alors été scellé avec le film à l’intérieur.

L’intention de l’auteur est que ce film ne soit jamais développé. Il contient une représentation parfaite et pure de son époque et de quelques-uns des souvenir que l’auteur veut retenir de ce moment.

Seule l’image latente peut être parfaite!
Ce travail fait partie du projet “Latences” (2006-2013)

samedi 31 mars 2012

Latences #4 a Namur / oeuvre preselectionnee

Présentation de cette oeuvre pour De Canvascollectie/La Collection RTBF aujourd'hui à la Maison de la Culture de Namur.

Oeuvre présélectionnée et visible Dimanche 1/4/2012 à la maison de la Culture de Namur, de 12h à 14h

vendredi 18 novembre 2011

mercredi 13 avril 2011

Latences #4 / texte

LATENCES#4
Charles Lemaire / 2011

Ce travail, conceptuel et photographique, tourne autour de l’image latente : celle qui se forme dans le film et disparaît, en même temps qu’elle est révélée par le processus de développement.
Il y est au moins autant question de «la photographie» (le fait de photographier) que «des photographies», et aussi bien plus du temps de la photographie que de la lumière qui lui est indispensable.
Ce travail constitue la quatrième étape d’une démarche plus large, commencée en mai 2006, dont toutes les composantes sont et seront exposées sur le blog image-l-attente.blogspot.com.

Contenu
  • Dans une boite de dimensions 33x33x16 cm
  • 24 tirages couleur 20x20 cm, papier brillant
  • 2 séries de négatifs couleur 6x6 cm
  • 2 planches contact
  • 4 films exposés (négatifs couleur et noir et blanc), non développés
  • 1 note explicative
  • 1 paire de gants noirs

Processus
  • 49 films non développés ont été empruntés à un collectionneur.
  • Prise de vue
    • Ces films sont d’abord photographiés dans le sac dans lequel ils ont été livrés pour une première vue d’ensemble.
    • Ils sont ensuite extraits du sac pour une photo de groupe.
    • Le groupe est ensuite réparti par marques : chaque marque fait l’objet d’une photo de famille.
    • Chaque film fait ensuite l’objet d’un portrait.
    • Lors du changement de film (chaque film comptant 12 vues), le film qui vient d’être extrait de l’appareil fait à son tour l’objet d’un portrait sur la première prise de vue.
    • Lorsque chacun des films de la collection initiale a été photographié, chacun des 5 films de la séquence est l’objet d’un nouveau portrait.
    • Les cinq films de la séquence participent encore à un portrait de famille.
    • Et enfin tous les films, y compris ceux participant à la séquence, sont photographiés dans le sac pour une nouvelle vue d’ensemble.
  • Développement et tirage
    • Le premier et le dernier film de la séquence sont livrés au développement.
    • Une planche contact est commandée.
    • Un tirage 20x20 cm sur papier brillant est commandé en même temps que le développement.
  • 53 films non développés sont restitués au collectionneur.

4 Séries
  • Une toute première série (Latences#4/1/1) a servi de test avec un seul film et seulement la planche contact.
  • Une deuxième série (Latences#4/2/1 et 2) a été interrompue juste après le deuxième film suite à la constatation d’une erreur technique dans l’exécution des prises de vue.
  • Une troisième série (Latences#4/3/1 à 6) a fait l’objet de tirages (12 + 8 photos), mais pas de planche contact ; elle a été rejetée à cause de l’indiscipline caractérisée d’un des films photographiés.
  • La quatrième série (Latences#4/4/1 à 6), du 26 février 2011, inclut non seulement la collection initiale (utilisée dans les séries 1 à 3) mais aussi les 4 films non développés de la troisième série (Latences#4/3); une planche contact a été commandée pour cette série.
  • La collection restituée contient non seulement les 49 films originaux mais est augmentée des 4 films non développés de la troisième série (Latences#4/3).

samedi 26 mars 2011

Latences #4 / preview

Levons un coin de voile de ce travail.

Ce n'est ici qu'une partie de Latences#4 mais un constituant essentiel...

dimanche 13 mars 2011

Latences #4: ca prend forme...

Les photos sont finies...
Les tirages sont faits...
La base du travail de présentation est fait. Pas d'accrochage au mur cette fois. Vous verrez.
Reste quelques "détails" importants sur lesquels je ne me suis pas encore fait de philosophie.

vendredi 4 mars 2011

Photographies encore...

Sur un tel sujet, ne pas prendre le temps n'aurait évidemment pas de sens...
Et tout montrer encore moins...
Si j'ai bien cru que j'en avais fini avec les prises de vue, j'ai changé d'avis. Attendu. Revu et re-revu. Et puis décidé de prendre le temps encore. D'en faire encore une série.
Meilleure j'espère...
Alimentée d'ailleurs par les produits de la précédente.

Il est bien question ici d'images latentes.
Et de tenter en même temps d'en montrer quelque chose en même temps que d'en laisser une part cachée. D'en faire ainsi une véritable oeuvre photographique qui rende compte de ce processus.

De nouveaux films sont donc au labo.
Demain ou après demain, sans doute, j'aurai les résultats.
Attendons.

dimanche 13 février 2011

Latences #4: photographies

Je me suis lancé...

Une première tentative pour suivre le processus que je m'étais imposé vendredi 11 février 2011; j'ai déposé le film le 12 au labo pour développement; j'aurai donc en principe quelque chose en main pour en discuter ce vendredi 18 en pré-jury de l'école des beaux-arts... Ce premier film ne fait pas partie de mon projet... c'est juste un bout d'essai...

Une deuxième tentative ce dimanche matin (13 février 2011)... piteusement arrêtée après une bobine mal exposée. Justement celle où je ne pouvais pas me le permettre (si vous ne comprenez pas tout, vous le comprendrez au moment où je montrerai les résultats...)... On respire un grand coup. On met deux bobines au bac... Pour me rendre compte à ce moment que la première photo elle même était non conforme à mon scénario. Les erreurs ont du bon... la casse a été limitée.

Et on recommence pour la troisième. Calmement. Comme à la chambre technique, en pensant à chaque geste. La mise en place des éléments à photographier; les paramètres et la procédure de prise de vue; les bagues macro à changer; les films; et toujours, la séquence de mon sujet; ne pas oublier la séquence... ne pas oublier la technique... ne rien oublier...

J'ai au bout du compte 6 bobines 120 devant moi; la première et la dernière iront au labo mardi. Développement et tirage.
Je dois encore mettre au point le détail de la procédure technique pour les 4 autres... Peut-être le boucher du village pourra-t-il m'aider...
Je peux me tromper, mais j'ai l'impression que les prises de vue pour ce travail sont définitivement terminées...

Il ne m'aura fallu finalement qu'un peu moins de 5 années après le début de ce projet pour faire mes premières photos, trois jours en tout pour passer des essais à la réalisation, et une bonne heure pour la série finale,...

dimanche 30 janvier 2011

Latences #3 / synthese et apologie

Un article de synthèse de quelques unes des idées développées précedemment est disponible ici.

mardi 18 janvier 2011

Camera obscura

C’est une double porte qui protège les secrets des photographes.

Au pied de l’escalier, et face au secrétariat, ils conduisent leurs alchimies analogiques. Révélant dans des brouets infâmes, des soupes fétides, des jus toxiques et corrosifs le résultat de leurs manipulations de la lumière. Dans les brumes inactiniques de la chambre noire, les sels d’argent libèrent sur le papier les souvenirs encagés. Dessinent hommes et monstres avec une application un peu stupide. Brillants et fidèles reporters, toujours trop piètres écrivains. Au mieux géniales marionnettes d’un univers ventriloque !

Mais lorsque le soleil, trop rarement et par hasard, se déverse dans le hall de l’académie, le sas de l’entre deux portes révèle ses secrets. Et dans le rituel des photographes, qui s’y arrêtent un instant pour passer d’un monde à l’autre, survient parfois une nouvelle pause.

Car sur la porte intérieure se dessine, comme par miracle, l’image parfaite et inversée du couloir inondé de lumière. Une porte. Un chambranle et tous les détails de leurs moulures. S’ouvrirait-elle, que l’image s’animerait. Et se peuplerait d’humains muets et si légers qu’ils marcheraient sans difficulté apparente sur le plafond.

L’antre des photographes se fait, pour un instant, appareil photographique !
Projetée par le sténopé de la serrure, cette vision fugitive n’a pas sa place sur le papier. Elle est de ces visions si exclusives qu’elles doivent se faire dans le silence et l’immobilité. De ces photographies que l’on ne prendra pas, pour les laisser à leur fugace perfection.

Une image en liberté !

Charles Lemaire

(Texte pour la publication à l'occasion du cinquantenaire et du déménagement de l'Ecole de Beaux Arts de Wavre / mars 2010)

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Ex journaliste, informaticien, Ecolo, photographe, belge, bedonnant, grisonnant, polyglotte, passant quotidiennement trop heures derrière mon volant. Vous en voulez encore? Parlons plutôt photographie!